10.04.2008

Quelles motivations pour un tel projet ?

1770084814.GIFPourquoi partir et repartir ?

Tout au long des ces dernières années, j'ai pu mesurer à quel point mes aventures ont été un formidable vecteur dans mes relations vis à vis des jeunes apprentis que je côtoie quotidiennement et au travers de cela, leur transmettre certaines valeurs … comme le dépassement de soi, l'effort, le courage, la volonté, le choix de décider de sa propre vie …

Et c'est aussi un peu pour cela que je désire vraiment repartir.

Les aventuriers n'existeraient pas sans une once de rêve mêlée à un brin d'utopie.

Que serait l'aventure elle-même sans un peu d'imaginaire ? L'Aventure, c'est ça  : suivre l'appel des choses. Un mélange subtil d'excitations et d'angoisses.

La, sur ma bicyclette, je redeviens un citoyen de nulle part, je n'appartiens à personne, je redeviens … moi !

Je suis un apprenti « tour du monde » !

D’abord, il faut aimer l’esprit d’Aventure et parfois vivre des situations extrêmes ; Seulement, il est indéniable qu’il faut le vouloir, posséder un esprit de combativité et une résistance certaine aux épreuves et par conséquent une préparation physique   et psychologique.

Connaître ses propres limites, désirer aller au-delà de soi-même, de ses capacités, posséder de l’agressivité pour vaincre, aller toujours de l’avant (pour avancer !!).

Ne pas avoir une peur inconsidérée face aux animaux ; éléphants, lions – rencontrés en Afrique ! - mais également serpents, araignées, scorpions, sangsues ( que du vécu !), …, savoir se maîtriser face aux situations inhabituelles, pénibles voir extrêmes, s’habituer à la mécanique (ou trouver sa bonne étoile !), savoir s’orienter, être capable de s’adapter aux variations thermiques, aux difficultés alimentaires et hydriques, … savoir nager …si, si !.

Le voyage commence à sa porte et surtout dans sa tête. Il n’est pas une question de distance, mais de regards, de contacts, d’efforts de communication, de partage et j’ose l’espérer, d’amitié.

 

 Pourquoi repartir encore à vélo ? me demande t-on souvent !

Quand on voyage, on passe l’essentiel de son temps dans des pays plus pauvres, et forcement, on a envie d’agir. Mais l’action humanitaire n’a de réalité que dans la durée et sur place.

Le voyageur à vélo que je suis, emprunte, ici un lit, là un peu d’eau, ailleurs un repas, mais il ne donne rien. Il est juste cette personne que l’on côtoie au gré d’un passage éphémère, cette adresse que l’on garde précieusement comme la clé d’un ailleurs plus doux. Je me suis souvent demandé si voyager avait un sens, jusqu'à ce que je trouve un début de réponse.

En traversant le monde loin des chemins du tourisme organisé, on apporte un souffle d’ailleurs, on devient une fenêtre ouverte sur les pays enviés, un ami accessible qui partage des moments de vie.

Parti, le cycliste chargé de sacoches est un ambassadeur du bord des routes, et même s’il n’apporte pas d’aide matérielle, il partage de précieux instants d’humanité ; rentré, il est un témoin de la réalité du monde.

« Si tu n’es pas idéaliste à vingt ans, c’est que tu n’a pas de cœur. Si tu l’es toujours à cinquante ans, c’est que tu n’a pas de tête. »

Il y a plusieurs réponses possibles à la question de savoir ce qui me pousse à parcourir le monde à vélo :

         La réponse du poète, c’est l’appel de la route

         La réponse du potache, c’est la soif de découverte.

         La réponse du torturé exprime son mal de vivre et son besoin de fuite.

Tous ces éléments relèvent d’une volonté de réussir, d’une détermination, d’un esprit, d’un désir d’aventure,

d’un choix où l’essentiel reste la réalisation.

 Le plus difficile, c’est le premier pas !!

Dans le brouillard, l’incertitude ou le danger : décide ou tais-toi !

 

L’AVENTURE  AUJOURD’HUI ?

« Les voyages sont organisés, l’aventure ne l’est pas. On la rencontre par hasard quand on s’écarte des routes fréquentées.

J’ai pris conscience que beaucoup de gens vivent quasiment dans le luxe sans s’en rendre compte …Ce qui est malheureux c’est que, ne réalisant pas que nous sommes de vrais privilégiés, nous nous permettons de nous plaindre tous les jours pour des choses insignifiantes. L’insatisfaction est devenue un fléau qui pourrit nos désirs et nous rend aveugles. La devise qui rythme désormais nos vies, c’est en vouloir toujours plus ! ». Là est une autre misère : celle de l’âme. Je pense que lorsque l’on parle de minorités, il s’agit de nous, de ceux qui ont de quoi vivre.

 

Citations :

Le psychosociologue J. Salomé a écrit : «  La vraie pauvreté n’est pas dans ce qui nous manque, mais dans l’ignorance de ce que l’on a ! »  

A chacun de méditer ces propos.

Et aussi :

« Il est important d’avoir des rêves suffisamment grand pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit »  O. Wilde

« Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la  peur d’échouer »

 « Bienheureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière !! »

« Voyager, c’est aller de soi en soi, en passant par les autres. »  C’est beau non ?

   Voilà, c’est tout !    Faites la « vélorution », pas la guerre !!

 

 

Avant son départ pour le tour du monde en 2002, Luc exposait ainsi son projet :

« Sur ma Latitude Dijonnaise de 47° Nord Pour vivre intensément l'année à venir, je veux être libre, côtoyer chaque jour des gens différents, connaître d'autres philosophies, d'autres paysages ; je veux voyager pour découvrir ce monde multiple.

 

L'espace d'un an, je quitte les salles de cours du C.F.A de La Noue pour les routes du monde, le minitel pour les gens (du voyage !), le savoir être pour lesavoir-vivre, la confrontation pour la complicité.

Des montagnes autrichiennes aux steppes mongoles, je veux connaître la simplicité absolue, réapprendre la confiance, la tolérance, l'humilité.

Le sourire sera ma carte de visite, l'entraide ma monnaie d'échange et la curiosité mon arme contre la routine.

La question n'est pas : « Est-ce que moi aussi je pourrais le faire ? » mais « Est-ce que je veux
réaliser mes rêves ? » …

… A la fois sportive, culturelle et morale, cette aventure est une grande expérience de la vie dont je souhaite pleinement profiter et faire profiter.

J'espère être là dans 365 jours pour pouvoir vous faire partager ces grands moments !!! 

         

Mais bon sang ! Pourquoi croyez-vous que le Grand, là-haut, a décidé de la faire ronde, la Terre ?  Pour qu’on en fasse le tour !

Alors, c’est décidé : je ferai le tour du globe sur le 47ième parallèle qui passe par DIJON, …  avec mon vélo principalement et un avion pour traverser les océans ! … Et tout cela pour mes 47 ans  !! »